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5 min de lecture Technologie

🇨🇮 Deux ans après, retour sur le supercalculateur ivoirien : entre ambition et impact

inauguration au Centre National de Calcul de Côte d’Ivoire (CNCCI)

Deux ans après, retour sur le supercalculateur ivoirien : entre ambition et impact

Le 1ᵉʳ août 2023, j’ai eu l’honneur d’assister à un moment historique pour la Côte d’Ivoire :
l’inauguration du premier supercalculateur national, hébergé au Centre National de Calcul de Côte d’Ivoire (CNCCI), situé au Pôle Scientifique et d’Innovation de l’Université Félix Houphouët-Boigny à Bingerville.

À cette époque, c’était plus qu’un simple événement institutionnel — c’était une déclaration d’ambition scientifique : celle de doter le pays d’une puissance de calcul comparable à celle des grandes nations technologiques, pour soutenir la recherche, l’éducation et l’innovation locale.

⚙️ Un joyau technologique pour la science ivoirienne

Le supercalculateur ivoirien, véritable prouesse d’ingénierie, affichait dès son lancement des caractéristiques impressionnantes :

  • 322,56 Téraflops de puissance (soit 322 000 milliards d’opérations/seconde)
  • 21 To de mémoire RAM
  • 2 Pétaoctets (Po) de stockage
  • 8064 cœurs de calcul
  • 300 nœuds disponibles

Ce bijou technologique a immédiatement placé la Côte d’Ivoire comme le 2ᵉ pays d’Afrique doté d’un supercalculateur, juste après le Maroc — un symbole fort de souveraineté numérique et scientifique.

🧪 Une vision académique et scientifique dès le départ

Lors de la cérémonie d’inauguration du 1ᵉʳ août 2023, c’est le Laboratoire des Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication (LASTIC) de l’ESATIC qui avait conduit les travaux de présentation et de recherche autour du supercalculateur.

Le programme de recherche 2022–2026 du LASTIC, dirigé par le Prof. Olivier Asseu et le Dr. Bernard H. Kamagaté, visait à structurer l’usage du CNCCI pour la recherche académique, en particulier dans les domaines :

  • du calcul intensif,
  • de la simulation numérique,
  • et de la modélisation des systèmes complexes.

Leur objectif : faire du CNCCI un outil collaboratif au service des chercheurs, enseignants et étudiants ivoiriens, afin d’améliorer la capacité nationale en recherche et innovation technologique.

🧠 Une infrastructure au service de la souveraineté scientifique

Le Centre National de Calcul de Côte d’Ivoire (CNCCI) a été financé par l’État dans le cadre d’une politique nationale d’innovation et de recherche scientifique.
Son rôle est double :

  1. accompagner les projets gouvernementaux dans la modélisation et l’analyse des données,
  2. soutenir les universités, PME et laboratoires dans leurs travaux nécessitant de la puissance de calcul.

Cette capacité d’analyse à grande échelle ouvre la voie à des projets dans des domaines variés :
 🌾 agriculture intelligente,
 🌍 climat et environnement,
 🧬 biotechnologie,
 🧠 intelligence artificielle,
 🏙️ urbanisation et gestion des ressources.

🔁 2025 : La Journée Portes Ouvertes, un signal de continuité

Deux ans plus tard, le 18 juillet 2025, le CNCCI a organisé une Journée Portes Ouvertes (JPO), parrainée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Prof. Adama DIAWARA, et présidée par le Ministre de la Transition Numérique, M. Ibrahim Kalil Konaté.

Cette journée visait à réaffirmer la pertinence du centre, à ouvrir ses portes au grand public et à encourager les chercheurs, startups et institutions à exploiter cette puissance de calcul.

Lors de son allocution, le Ministre Adama DIAWARA a rappelé que le CNCCI n’est pas qu’un outil technique,
 mais avant tout un levier stratégique pour la recherche, l’innovation et le développement socio-économique.

🌍 De la recherche à l’innovation : un outil encore trop discret ?

Malgré cette infrastructure d’envergure, le CNCCI reste peu visible dans le paysage numérique ivoirien.
Les publications, collaborations et projets scientifiques associés au centre sont encore rares,
alors que son potentiel pourrait soutenir de nombreuses initiatives :

  • 🚀 Programmes d’IA locale,
  • 🧮 Simulations pour l’agriculture et l’énergie,
  • 🏥 Analyse de données médicales,
  • 🛰️ Projets de recherche satellitaire ou climatique.

Une meilleure communication et une ouverture vers les startups et universités pourraient transformer le CNCCI en hub régional de recherche numérique.

🧭 Mon ressenti personnel : un symbole à préserver

En tant qu’acteur de l’écosystème tech ivoirien,
 j’ai vu en 2023 un symbole fort de souveraineté scientifique, et en 2025 une volonté de relance à travers la JPO.

Mais pour que cette flamme reste vive, il faudra :

  • renforcer la communication,
  • former de nouveaux chercheurs à l’usage du calcul haute performance,
  • et créer des passerelles avec les datacenters privés, notamment celui de ST Digital à Grand-Bassam, inauguré en octobre 2025.

C’est dans la complémentarité entre recherche publique et cloud souverain privé que se jouera l’avenir de notre indépendance numérique.

🗣️ Et vous ?

Saviez-vous que la Côte d’Ivoire est le deuxième pays d’Afrique à disposer d’un supercalculateur national ?
Pensez-vous que ce type d’initiative peut aider à réduire la dépendance technologique et stimuler la recherche locale ?

Partagez votre avis dans les commentaires 👇

🔗 Sources :

  • CNCCI – Centre National de Calcul de Côte d’Ivoire (Facebook officiel)
  • ESATIC / LASTIC – Laboratoire des Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication
  • Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
  • Observations et photos personnelles (Kimana Misago, 2023–2025)